Sous le soleil couchant, les feuilles lisses des bananiers s’agitaient au bruit des voix désespérées non loin de là. La conjugaison parfaitement harmonieuse de la bananeraie au chapelet montagneux, plein de verdure était d’une élégance sans fin. À couper le souffle, la magnificence de la vallée donnait l’impression que rien ne pouvait nous ébranler.

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La Montagne, abritait de majestueuses traînes de robes de mariées qui se jetaient profondément dans les entrailles de la terre en formant un magnifique cercle, rempli d’eau de vie. Un son, d’une douceur éternelle s’échappait jusqu’à nos oreilles blessées.

Les troncs des bananiers étaient quant a eux en compétition, s’étirant de toute leur force pour être le plus beau, le plus gros et le plus lumineux avec cette couleur passant du marron à la précieuse couleur OR. Les bananes étaient lovées dans leur enveloppe bleutée. Ne demandant qu’à être bénie par les rayons du soleil.

Au bout du chemin, PANGA nous attendait, il nous avait sauvé des voix lointaines s’egorsillant de haine !

Dans le silence, nous avancions à pas feutré dans l’immensité de la bananeraie. Nos pieds et nos jambes étaient alourdis par la boue que nous rammassions instantanément.On pouvait s’y perdre facilement. Tant les liaisons étaient nombreuses et dangereuses.

À tout moment, l’ennemi pouvait surgir. Profiter de nos faiblesses, accentuées par la nuit noire. Mais PANGA savait ce qu’il faisait, où il allait. Il n’avait pas besoin de boussole car il était guidé par les forces invisibles des esprits de planteurs de bananes.

Ceux-là même qui avaient donné naissance à ce lieu chargé d’énergies. Ceux-là mêmes qui avaient préparé la terre à recevoir le fruit de leurs succès.

On ne s’y sentait pas vraiment en sécurité, excepté Panga. Il marchait à une vitesse incroyable avec pour seule lumière, celle de Lune, qui se déplaçait à la même vitesse que nous.

Le silence s’enfonca profondément dans la nuit. D’un coup sec, il fut briser par le bruit tranchant de coutelas, raclant le sol à vive allure.Une femme s’approcha de PANGA.

Elle n’avait pas besoin de couronne. Car, sa chevelure fantastique debout sur son crâne luisant d’huile de carapate était la plus belle des couronnes que nous n’avions jamais vu ici bas. Sa robe tressée en feuilles de bananier etait immaculée par de l’Excelsior.

Nos yeux et nos bouches etaient ouverts avec tant de largesse qu’ils nous étaient impossible de les refermer. REINA était une force de la nature exceptionnelle.. Un diamant
charmant et vivant.

Ce n’était plus une légende. Elle était devant nous, pitoyables humains que nous sommes.

-Pourquoi avoir bravé tous les interdits pour venir ici ? Demanda-t-elle en hochant la tête

-Reina, je t’amène de nouveaux volontaires pour construire ton pays rêvé. En eux tu trouveras l’envie de construire ce monde nouveau.

-Panga, Panga, Panga, . Elle se mit à rire. Tu a cette vision du monde qui me pousse à chaque fois à te faire confiance.

-Comment ont-ils découvert cet endroit?

-Ils l’ont découvert sans indices, et ils m’ont suivi dès qu’ils m’ont vu… N’est-ce pas un grand signe de confiance dans un monde où il faut absolument se méfier?

PANGA était essoufflé mais il avait toujours ce visage heureux prêt à conquérir le monde. Au carrefour de la lutte, PANGA avait déjà conduit sur ses terres cultivées des milliers d’entre nous sur le chemin de la liberté. Beaucoup avaient abandonnés, et nous espérons ne pas en faire partie.

Car il était plus facile d’abandonner que de se battre pour ce que nous aimons. Il était question maintenant de savoir comment y arriver.

CP : Slancastre

Stécy LANCASTRE

journaliste/écrivaine

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