Tessa Naime, une plume, un caractère

Au temps de Snapchat et de Youtube, Tessa Naime, 23 ans a déjà écrit deux romans honnêtement remarqués. De l’enfer à la vie à 7 lettres, la jeune romancière démontre que l’on peut encore vivre d’amour, d’eau fraîche et de littérature.

La Nouvellesam : Explique à nos lecteurs, comment es tu tombée amoureuse de l’écriture ?

Tessa Naime : A l’âge de sept ans, à l’école, Il nous fallait rédiger un poème pour un concours organisé par les professeurs.  Il fallait que l’on s’inspire de ce que représentait la fête de Pâques pour nous, enfants.  J’ai écrit ce poème avec tellement d’amour et d’innocence. Et j’ai gagné ce concours à ma plus grande surprise ! Je pense que c’est à cet instant que j’ai créé un lien avec l’écriture.  Avec les années j’imaginais de moins en moins ma vie sans écriture. D’ailleurs, je lisais beaucoup. Ma mère se ruinait à acheter des livres.

Je veux faire connaître au monde entier les secrets bien gardés de ce joli papillon.

       Tes 2 romans se situent en Guadeloupe, que représente cette région dans ta cartographie sentimentale ?

La Guadeloupe c’est mon île natale, mon petit cocon d’inspiration. J’y ai vécu beaucoup de choses. Alors, ce lieu représente les plus grandes souffrances de ma vie, et  mes plus longues batailles. En fait, si je dois énumérer tout ce qu’elle représente, la liste serait longue.  A mon avis, elle n’est pas assez valorisée. Je veux faire connaître au monde entier les secrets bien gardés de ce joli papillon. Je pense que par mes écrits, je lui transmets mon amour et mon optimisme. La Guadeloupe doit être connue pour ses talents et sa richesse.

 

Tu tiens un blog, sur lequel l’érotisme à une place particulière. Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Le sexe est encore un sujet tabou. En fonction de l’époque, de la société, et des croyances, l’idée que l’on se fait du sexe varie. L’érotisme n’a cessé d’évoluer au cours du temps. D’un côté, nous avons une politique de l’interdit sexuel avec des pratiques strictes et limitées à la procréation. De l’autre, nous avons peut-être  une sexualité libre et permissive. Et bien sûr, de chaque côté il y a des extrêmes.

La sexualité féminine est tabou. J’imagine bien que cela doit choquer qu’une femme parle de sexe ouvertement, et qu’elle l’écrive.

Est-ce que la femme devrait se priver d’expériences sexuelles multiples ? Est-ce que la femme devrait taire ses envies ou ses goûts ?  Est-ce que la femme n’aurait pas le droit de se toucher ? C’est triste, parce que notre société nous conforte dans cette idée qu’il n’y a pas de place pour la sexualité et l’expression de celle-ci dans nos vies de femmes. Et c’est le principal problème : le manque d’éducation sexuelle.

Si j’ai choisi ce thème c’est parce-que je pense que le sexe a un caractère sacré et non punissable.  Il permet une meilleure connaissance de soi, il permet d’explorer les trésors humains, répondre aux attentes du corps et de l’esprit. Je souhaite provoquer mon public, mais aussi le conquérir, amener chacun à la découverte de ses propres besoins sexuels.

Quels sont tes processus d’écriture, de l’idée à sa finalisation ? Combien de temps cela te prend t-il  ?

Je lis beaucoup, je fouille sur le web, toujours à la recherche d’un sujet qui pourrait m’intéresser. Du coup, ça commence par une idée, puis ça devient des mots. Le point de départ peut être une rencontre, une discussion, un paysage. Je suis très accro au brainstorming, qui me permet de rassembler toutes les idées en lien avec l’idée principale.

Ensuite, je meuble la vie de mon/mes personnages. Je leur crée une identité, souvent proche des gens qui m’entourent. Et c’est pour ça que mes personnages se rapprochent énormément de la réalité.  Après leur identité, je me penche sur leurs personnalités et leurs émotions ; c’est là que tout se joue. Puis vient l’élaboration de l’intrigue.

Pour le temps, je dirai que cela me prends environ quatre mois…Mes deux romans ont été rédigés en quatre mois. J’écris chaque jour. Quand je le dis, on me demande souvent si je trouve le temps ! Ma réponse c’est et ce sera toujours que je trouve le temps pour ma passion. Toutefois, mon troisième livre me prendra plus que quatre mois parce qu’il sera déjà beaucoup plus travaillé. Cela fait déjà plus de trois mois que je travaille dessus et je sais qu’il reste encore beaucoup à faire.

Es tu un auteur dans sa bulle ou concernée par la marche du monde ?

Je suis un auteur concernée par la marche du monde évidemment ! Je ne peux pas et je ne souhaite pas détacher ma créativité du monde. Je ne pense pas qu’un auteur puisse être dans sa bulle réellement. Tous les écrivains ont quelque chose à tirer de ce qui nous entoure.  Je me sens surtout engagée, il y a des causes qui m’attirent plus que d’autres tels que la guerre, la lutte contre  racisme et la violence.

Et que t’inspires ce monde qui nous entoure ?

Il m’inspire la liberté. Je me sens libre d’écrire et libre d’échanger. Libre d’être passionnée. Ensuite, la sérénité, peut-être parce que je suis dans un environnement trop serein, qui m’empêche de voir la cruauté humaine. Il m’inspire aussi la grandeur. Je vois tout en grand, je rêve grand ! Tout est énorme dans ma tête. Je me dis que tout cet espace sur Terre doit être utilisé, fructifié. D’où le fait que je voyage et que je m’adapte partout où je suis.

Le monde nous appartient, on appartient au Monde.

La vie et l’amour : je suis née pour aimer. Et j’aime vivre. J’aime le fait de devoir me battre, de lutter. D’avoir une expérience terrestre, avec un cerveau et deux mains pour me permettre d’écrire.