Rachel Lollia, innover dans le traditionnel, un nouvel entrepreneuriat

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Marché Lokal, conférence autour des plantes médicinales, depuis 2016, Rachel Lollia fait grandir Pawoka, une application mobile qui vous dit tout sur les « rimèd razyé ». En 2016, LaNouvelleSam a rencontré la créatrice. À l’époque, elle nous racontait son parcours et ses projets avec détermination.

 

Rachel s’est formée à la faculté de biologie aux Antilles-Guyane et dans l’Hexagone. Elle a suivi un cursus en biologie santé puis en info-communication et s’est spécialisée en ingénierie de la communication et en médiation scientifique. Sous la coupe de ses racines caribéennes, elle décide de lancer Pawoka, un outil de vulgarisation scientifique parfaitement adapté à cette génération zélée et connectée. Rachel met un point d’honneur à préciser : « Je ne suis ni médecin, ni pharmacienne, je mets tout simplement sur un nouveau support une information existante, structurée et reconnue scientifiquement ».

Elle participe à un concours organisé par la Fondation Orange et prend conscience de la valeur de son projet. Elle décide de le développer davantage. Elle s’entoure de ses proches qui n’hésitent pas à prendre part bénévolement. Le fameux « koud men » est en marche, Pawoka prend forme petit à petit sous ces petites mains volontaires.

« Je veux que Pawoka devienne une start-up »

Évidemment, lorsqu’on décide de se lancer dans cette aventure, il n’y a pas tout de suite de rémunération à la clé. Malgré les nombreux dispositifs mis en place pour booster le numérique, Rachel s’est rendu compte que le digital était abstrait. La réalité rattrape vite ses ambitions et dans  un souci d’efficacité, elle a fait le choix de se débrouiller. Sans accélérateur et sans incubateur réel, il ne reste que la débrouillardise pour ce projet digital. “C’est cela qui manque à la Guadeloupe”, souligne la jeune femme. Elle reconnaît toutefois les moyens déployés par GuadeloupeTech, qui chaque année organise l’événement StartUp Gp. Lorsqu’on voit les avancées de la Martinique ou encore de la Guyane sur la question, le fossé est grand. Ce n’est pas une raison pour abandonner l’affaire et se démotiver. Bien au contraire, il faut redoubler d’efforts, car “même si on ne gagne pas de l’argent tout de suite avec une application, c’est en étant un plus grand nombre que l’on démocratisera cette culture start-up ». Ce n’est sûrement pas l’objectif premier de la jeune femme, qui est de mettre en avant le savoir ancestral et populaire de nos contrées.

L’application sera aussi un support de visibilité pour les producteurs qui œuvrent pour la reconnaissance du jardin créole. Pawoka a largement séduit les professionnels de santé, qui sont impatients de pouvoir l’utiliser pour conseiller leur clientèle. 

« On a l’avantage d’avoir les compétences, il ne faut pas hésiter à regarder localement nos richesses et revenir les valoriser : c’est de la valeur ajoutée qui génère de l’emploi », conclut-elle.

 

 

Stécy LANCASTRE

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