« Consommer local… » Mais alors qu’en est-il de la bière guadeloupéenne ?

En Guadeloupe 75% de la population avoue consommer une bière de temps à autre. Avec un chiffre d’affaires de 21 milliards d’euros en 2015, le groupe Heineken domine le marché de la bière à l’échelle internationale. Après la présentation de sa tequila classique, sa filiale Desperados lance en 2009 « la red » qui depuis est la coqueluche des 18-35 ans.  Design moderne et coloré, système d’ouverture hyper pratique « ring pull cap » bokit à la main, destination plage assurée.  Cet engouement nous conduit à nous poser les questions suivantes : Qu’en est-il de la bière locale ? Les Guadeloupéens consomment-ils les bières produites chez eux ?

Focus sur la bière à l’échelle locale et internationale

Entre l’amertume de la bière Heineken et les notes sucrées de la « despé » les avis divergent

Les bières telles que Desperados Red et Heineken ont la particularité de produire une belle mousse et font recette auprès des Guadeloupéens.  Nous n’avons malheureusement pas de chiffres exactes. Lors de notre enquête, à juger par les réponses de patrons des boîtes de nuits du territoire et d’une poignée de restaurateurs, ces deux bières internationales sont les plus consommées…

Heineken passe à l’offensive

Les Français sont très friands des micros-brasseries qui se comptent aujourd’hui au nombre de 800. Aussi, sentant le vent tourner vers la bière artisanale, le néerlandais Heineken a décidé de commercialiser à grande échelle la bière artisanale belge… Mort subite. Puis passe à l’offensive (publication annuelle du 10 février dernier)  et projette d’imposer la marque californienne Lagunitas et développer des mousses « locales ».

Avec Mort subite, nous répondons à une forme de concurrence qui se développe », reconnaît Pascal Sabrié, directeur général d’Heineken France.

La bière artisanale à le vent en poupe

Produites localement, la Lézarde (2014) et la Gwada Béer(2015) font déjà partie du paysage brassicole guadeloupéen. S’il est vrai que ces deux bières sont présentes dans la carte de certains restaurateurs, notre enquête a tout de même démontré la « mal connaissance » de ces deux produits par le public local. Toutefois, il est à noter une fidélisation d’une clientèle qui apprécient de plus en plus ces saveurs purement locales.

Ni blonde ni rousse, la nouvelle bière locale «  la chabine » est prometteuse

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Tantôt blondes, sinon brunes souvent rousses la bière se colore au gré des fantaisies.  Mais alors, qu’est-ce-que la chabine ? Sous l’appellation Bakfull là voila qui fait son entrée.

Ronald Ryfer, Aurelien Filin, Jacques Boulogne, ce trio antillais allie audaces et valeurs caribéennes  pour innover dans la culture brassicole. La bière couleur locale est née. Cette appellation Bakfull   a une résonance si tellement festive que les connaisseurs ont d’ores et déjà, répondu présent lors de leur campagne de promotion dans l’Hexagone et en Martinique, et de ce fait l’ont déjà bel et bien adopté. La Guadeloupe n’est pas en reste et c’est très prochainement que la chabine a prévu son entrée.

La chabine, « kon tout chabin » (ndlr: comme toutes les chabines) est parée de ses plus beaux atouts. Authentique par sa robe et surprenante par le goût mais surtout coriace.  Le bois bandé, la grenade et l’ananas, tous, produits localement se distinguent avec une belle générosité. Douce, fruitée, amertume, la Bakfull est facile à boire. Son arrivée prochaine en Guadeloupe est un challenge pour ses créateurs, mais aussi de nouvelles découvertes gustatives pour les amateurs.

A votre avis, la chabine réussira-t-elle à s’imposer ?! Affaire à suivre…