Vers une mise en place du revenu universel de base ?

Yolan Bresson économiste et fondateur de l’association pour l’instauration d’un revenu d’existence fut l’un des premiers à formuler l’idée de mettre en place un revenu universel de base en France dans les années 80. À l’approche de la présidentielle de 2017, le revenu universel est un sujet qui revient souvent dans les débats politiques et dont on entend beaucoup parler en ce moment. Mais le revenu universel, c’est quoi exactement ? Qui le toucherait ? Comment serait-il financé ? Que lui reprochent ses détracteurs ? Pourquoi ses partisans ne sont pas d’accord sur ses modalités d’application ? On vous explique tout.

Une lutte contre la pauvreté

Mettre en place le revenu universel de base consisterait à garantir à chaque personne un niveau de vie suffisant pour assurer son bien être élémentaire. Il serait sans contrepartie et ne ferait pas de différence entre les personnes selon leur situation familiale. De plus il viserait à lutter contre le seuil de pauvreté chez les jeunes et viserait aussi à réduire les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes.

Par ailleurs mettre en place le revenu universel de base permettrait de remplir les objectifs de l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ratifiée par la France qui a pour dessein de lutter contre la pauvreté. Comme l’a évoqué la Commission d’orientation nationale dès 2002, le versement d’un revenu minimum à tous les citoyens pourra mieux attaquer les inégalités sociales.

Certains politiques sont du même avis, le revenu universel de base permettra de garantir la solidarité, légalité et la fraternité et de faire face à des signes de désespoir de la part de certaines personnes en difficultés.

Une lutte contre la mutation du marché du travail

Selon certains spécialistes le plein emploi n’est plus possible et face à cette réalité le revenu minimum peut prétendre s’attaquer au chômage. En effet une combinaison de revenu minimum conditionnel et de subventions massives au travail faiblement rémunéré sous forme d’un subside versé aux employeurs en fonction du nombre de travailleurs à temps plein rémunéré à salaire honoraire inférieur à certains favoriserait l’emploi.

Mais le revenu universel de base viserait surtout à lutter contre les conséquences du numérique sur le monde du travail. Ainsi avec une recrudescence de l’automatisation, la suppression d’emploi est à prévoir. Par ailleurs mettre en place le revenu universel de base viserait à permettre aux individus de choisir un emploi et de ne pas rester dans un travail assortie de taches abscons. En effet les métiers productifs ont été automatisés, les employés n’exerçant plus les taches utiles.

Face à la mutation du marché de l’emploi le revenu universel de base permettrait à certains individus de choisir leur emploi, de travailler auprès d’associations et surtout de s’épanouir dans leur activité.

A l’approche de l’élection présidentielle certains politiques comme Manuel Valls,  Natalie  kosciusko-morizet défendent  ou songent à instaurer   le revenu universel  tandis que pour certains politiques comme Nicolas Sarkozy, sa mise en place n’est pas souhaitable. Enfin, pour d’autres le revenu universel de base ne serait qu’un qu’un moyen visant à favoriser l’assistanat et son financement semble compliqué.

Combien ça coûte ?

Plusieurs financements sont possibles pour la mise en œuvre du revenu universel de base. En effet le financement du revenu universel de base peut se faire par une augmentation des impôts mais cela semble politiquement infaisable compte tenu de l’exaspération des français face à l’augmentation des impôts.

Certains auteurs proposent un financement par la TVA. Ainsi cela peut être un avantage puisque tout le monde est consommateur, tout le monde s’acquitte de cette taxe. D’autres auteurs proposent la suppression de tout un ensemble d’allocations dont le RSA. Le revenu universel de base viendrait remplacer toutes ces allocations et entraînerait une simplification de l’attribution du revenu universel de base.

Taxer le chiffre d’affaire des sociétés est une option, de même que rassembler toutes les allocations, mais cela générerait une trop grande complexité. Pour certains politiques le revenu universel de base coûterait trop cher et il serait qu’un moyen de comprimer les salaires en offrant en échange un niveau de revenu excessivement bas qui serait l’avantage des seuls employeurs.

Le test finlandais

Dans l’amendement du 23 octobre 2015 qui vise la mise ne place du revenu universel de place, celui-ci invite à suivre l’exemple de la Finlande qui en 2017 va mettre en place le revenu universel de base.En Finlande le revenu de base pourrait être de 800 euros par habitant lors que la France évoque un revenu universel de base de 400 euros.

Le risque de mettre en place un montant faible serait de permettre aux employeurs de justifier des bas salaires puisqu’ ils se sentent ainsi dispensés par l’Etat de payer une partie du salaire de leurs employés. Mais la mise en place d’un montant plus élevé entraînerait la tentation d’instaurer une contrepartie. Le conseil départemental du Haut Rhin va en faire l’expérience s’agissant du RSA dès le premier janvier 2017. En effet le versement du RSA sera assujetti à 7 heures de bénévolat. Cette mise en place confirme la thèse des réfractaires qui considèrent que le revenu universel de base comme étant de l’assistanat.