« Panama Papers » au coeur de la boîte noire des paradis fiscaux

Une fuite massive de documents révélée dimanche par plus de 100 journaux à travers la planète a mis au jour des avoirs de 140 responsables politiques dans les paradis fiscaux, dont 12 anciens ou actuels chefs d’Etat et de gouvernement. La somme des documents collectés représente l’équivalent de 1500 Wikileaks (2,6 téra octets).

 

Le scandale de « Panama Papers » met en lumière le système des sociétés écrans domiciliées dans des paradis fiscaux pour échapper à l’administration fiscale de leur pays. Selon la commission européenne, une trentaine de pays favorisent ses fraudes.

Dans cette affaire  on retient d’ores et déja les noms de  Mauricio Macri, nouvellement élu président de l’Argentine , le Premier ministre islandais Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, le président ukrainien Petro Poroshenko ou encore le roi d’Arabie Saoudite Salman bin Abdulaziz (récemment décoré par François Hollande). Tous sont dans les fichiers du cabinet Mossack Fonceska basé au Panama, « l’un des centres financiers les plus opaques de la planète, considéré comme une plaque tournante du blanchiment, où vient se recycler l’argent du crime et de la fraude », rappelle Le Monde. Au total, ce sont 214.000 sociétés offshores créées ou gérées par le fameux cabinet qui ont pu être analysées, offrant ainsi une « cartographie, presque en temps réel, d’un pan entier de la finance mondiale, jusqu’alors à l’abri des regards », détaillent nos confrères.

À noter que toutes ces sociétés offshores ne sont pas illégales. Pour autant, une grande majorité d’entre-elles sont utilisées comme des « sociétés écran », permettant de placer des liquidités non déclarées. « C’est ainsi que chez Mossack Fonseca, l’argent propre côtoie l’argent sale, que l’argent ‘gris’ (celui de la fraude fiscale) côtoie l’argent ‘noir’ (celui de la corruption et du crime organisé), que les grandes fortunes et les stars du football côtoient les réseaux criminels et les chefs d’Etat corrompus », résume le quotidien du soir.

Selon les documents révélés par exemple, les associés de Vladimir Poutine auraient détourné plus de 2 milliards de dollars avec l’aide de banques et de sociétés écran.

Ce sont 380 journalistes qui se sont penchés sur la question. »Ces révélations montrent à quel point des pratiques nocives et la criminalité sont profondément enracinées dans les places offshore », selon Gabriel Zucman, un économiste de l’université de Californie à Berkeley cité par l’ICIJ.

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En France,Le Monde et le magazine de France 2 Cash Investigation ont eu accès aux documents.