Journée de la femme ou des droits de la femme?

objet de  controverse parce qu’elle serait non paritaire, contre-productive…La journée du 8 mars est une journée qui reste incomprise dans l’esprit de beaucoup de personnes. Pourquoi cette journée engendre-elle tant de critiques ? Explication.

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Une journée internationale des femmes, c’est sans doute une idée purement féminine?

Clara Zetkin est la journaliste allemande qui est à l’origine de cette manifestation. En  1910, elle propose lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes et en plein débat sur le vote des femmes, d’organiser une « Journée internationale des femmes »

Il faudra attendre la deuxième partie du XXe siècle pour voir le 8 mars s’imposer. Cette date correspond au 23 février dans le calendrier grégorien, jour de grandes manifestations d’ouvrières en 1917, à l’origine de la Révolution russe, et pendant lesquelles les droits des femmes sont réaffirmés.

L’institutionnalisation de cette date n’est toutefois pas le fait de femmes: en 1977, la très masculine ONU invite dans une résolution «tous les États à proclamer (…) un jour de l’année Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale». En France, c’est en 1982 que la date est consacrée, sous le mandat de François Mitterrand. Le gouvernement de Pierre Mauroy, premier à établir un ministère des Droits des femmes, organise de nombreuses cérémonies dans ce cadre et contribue à instaurer cette date dans les calendriers.

 

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« Journée de la femme » ou « des droits de la femme » ?

Cette expression de «journée de la femme» est présente au quotidien pour parler du 8 mars. Ce n’est pourtant pas (ou plus) son nom officiel: l’expression utilisée par les associations ou le ministère des Droits des femmes est «Journée internationale des droits des femmes». L’idée sous-jacente: ce n’est pas «la femme» qui est mise à l’honneur, mais bien la défense des droits des femmes dans la société.

L’ONU avait initialement parlé de la «Journée des droits de la femme», qui mentionne clairement la question des droits. Mais cette formulation est critiquée pour la caractère réducteur de l’expression «la femme». Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, insistait en 2013 sur l’importance de ne pas parler «de journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs: cadeaux, roses ou parfums).» «La Femme est un concept, un fantasme “idéal”, bien loin des réalités des femmes dans la vie quotidienne», estime de son côté le collectif Osez le féminisme.

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Et la journée des hommes ?

Le fait qu’il ne s’agisse pas d’une «Journée de la femme» mais d’une «Journée du droit des femmes» remet en partie en cause l’idée qu’il faudrait un pendant masculin au 8 mars. Cette journée vise à engendrer un état des lieux régulier sur les inégalités entre hommes et femmes et à donner plus de visibilité aux initiatives et idées censées permettre de les combattre. En ce sens, une Journée du droit des hommes aurait une portée limitée: les cas de discriminations à l’encontre des hommes en faveur des femmes, s’ils existent, ne constituent pas un phénomène de fond similaire à la discrimination visant les femmes à travers le monde.

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Finalement, pourquoi tant de colère contre une simple journée ?

La journée de la femme suscite de nombreuses réactions et souvent de la colère.Mais pourquoi ? D’un côté les militants estiment que les inégalités hommes-femmes est un combat de tous les jours et qu’une journée ne sert qu’à être sous les feux des projecteurs. D’autres voient en cette journée un rabaissement profond et critiquent considérablement que l’idée de faire  » des femmes » une catégorie unique est une aberration. Certains contestent, par ailleurs, l’idée même de mettre en avant l’inégalité entre hommes et femmes, qui serait une problématique dépassée. Des prises de position elles-mêmes multipliées… à l’occasion du 8 mars. En tout cas, sur Facebook et Twitter elle est presque devenue une technique de drague ou pas…

 

Et vous quel est votre avis sur cette journée ?

Voici la femme que nous avons choisi pour cette journée

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Ses partisans l’appellent « le papillon de fer ». Depuis plus de 25 ans, Aung San Suu Kyi, l’icône birmane, prix Nobel de la Paix en 1991, incarne la résistance non-violente à la junte militaire. Son parti, le LND, vient de remporter une victoire écrasante aux élections générales, 25 ans après celle que la junte avait refusé de lui reconnaître. Cette fois-ci, la dictature s’incline devant le verdict des urnes.